los días 21 y 22 de agosto de 2026
À la découverte d’une folie propre à chacunPropos sur La Leçon d’Artaud de Jean Allouch
À propos de la revue neutre
Appeler « neutre » une revue de psychanalyse peut surprendre. Cette mise provient de la distinction de deux analytiques du sexe, l’analytique du lien, celle du lieu, mais où le deux échapperait au binarisme. Comment répondre à la question du genre, ouverte par les études gays et lesbiennes ? La déclaration de Lacan : « Il n’y a pas de rapport sexuel » libère de nouvelles propositions pour l’analyse. Finie la distinction normal/pathologique. La volonté s’exerce aux côtés du soulèvement. Place est donnée à l’altérité littérale. Un accueil décisif est fait à la folie par la prise en compte de la valeur propre de la parole insensée. L’objet s’efface tout doucement. Le lieu de l’Autre se réduit à… un lieu. La cause perd de sa portée. Le statut de l’image valorise sa puissance érogène. L’accent est mis sur le caractère « troumatique » (Lacan) de la fin de l’analyse. Quelle conséquence pour l’érotique ?
La mise en ligne de neutre propose à ses lecteurs l’exploration de tout « ça ».
revue neutre n°4
S’adresser à la liberté d’autrui
Sommaire
La délicatesse… une certaine considération de l’altérité (Gloria Leff)
À propos du rapport entre les vivants et les morts (Pola Mejía Reiss)
Une vitre qui protège (Raquel Kader)
L’amour Lacan, l’amour liberté (Émilie Berrebi)
S’adresser à la liberté d’autrui, une neutralité vitale ? (Simone Wiener)
La passe tourneboulée (Viviane Dubol)
Détruire dit-elle, écrire peut-être (Catherine Alcouloumbré)
(oh) revoir (Inés Trabal)
Des portes ouvertes ? Approche dédisciplinarisée des Aveux de la chair (Sandra Boehringer et Laurie Laufer)
« Foucaldienne l’analyse : vraiment ? » (Guy Casadamont)
Voisinages de saint Jean (Rodolfo Marcos Turnbull)
Nous faut-il vraiment du nouveau en psychanalyse ? De maître en « transmaître » (Patricia Janody)
Tope-là (Marie-Claude Thomas)
Le pari érotologique de Jean Allouch (Jaime Ruíz Noé)
Subtilités de neutre (Jean-Louis Sous)
Le discours neutre des objets eux-mêmes (George-Henri Melenotte)
Varia
Le silence ne devient signe que si on le fait parler (Marie-Lorraine Pradelles Monod)
Document
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On reconnaît une citation, plusieurs fois développée, tout particulièrement dans La scène lacanienne et son cercle magique. Des fous se soulèvent. « S’adresser à la liberté d’autrui » fut le programme du colloque tenu à Paris les 13, 14 et 15 juin 2025, autour du frayage de Jean Allouch. Un pari était lancé pour un premier état des lieux, à ce moment T, déserté de sa présence physique. On y était invité à dire en quoi l’on avait été mis au travail dans le sillage de son cheminement, voire directement engagé par lui de son vivant.
Cet événement, a rallié nombre de propositions avec des sujets très divers ; l’ordre des exposés a été soumis à un tirage au sort. Des discussions se sont ouvertes, riches, intenses, joyeuses… Un foisonnement pétillant issu des incitations, inspirations, fécondations enclenchées par des ouvrages, séminaires, interventions, entretiens. S’entendait aussi la marque du soin porté à une école, ainsi que d’une constante présence à l’exercice analytique.
Un certain écho se manifeste dans ce numéro mais il ne s‘agit pas pour autant d’actes de colloque. L’adresse à la liberté d’autrui a continué à fonctionner. Les articles ne sont pas tous issus du colloque ; les intervenants n’ont pas tous donné un texte, tous les textes proposés n’ont pas été retenus par la rédaction de la revue, certains ont conservé la tonalité d’un style oral quand d’autres ont apporté des développements que le tempo de l’intervention n’avait pas permis.
Un paysage troué s’esquisse, quelques traits saillants, d’autres auteurs que Freud et Lacan ont voix au chapitre, dont Barthes avec en particulier la délicatesse.
Plusieurs travaux porteurs de la question du deuil prolongent la lecture de Érotique du deuil au temps de la mort sèche.
Un rapport à la liberté se repère dans L’amour Lacan.
Des références multiples à l’exercice du « consultoire », comme il le nommait, présentes dans la plupart des ouvrages et notamment Transmaître, qu’il s’agisse de l’adresse à la liberté d’autrui, de la passe, voire des effets de la rencontre analytique.
Des portes ouvertes sur Foucault, désigné par Allouch comme un point d’extériorité.
Une spiritualité, loin de toute référence pathologisante.
Un pari d’édition.
La prise au sérieux d’une nouvelle érotique avec la création pionnière de la collection des Grands classiques de l’érotologie moderne.
Après la translittération promue dans Lettre pour lettre, la postface de 2021 : « l’altérité littérale » a produit une relecture qui jaugeait le chemin parcouru. Jean Allouch a inlassablement questionné les évidences et opéré de multiples déplacements non seulement dans sa patiente lecture critique de Lacan mais dans sa prise en compte de la folie.
Et, chemin faisant, est apparue une figure originale de la psychanalyse qu’il a lui-même constatée sans l’avoir décidée comme telle, lisible dans les plus récents travaux promouvant de nouvelles notions, un nouveau vocabulaire. Surtout à travers La leçon d’Artaud, mais aussi Vitalité du neutre, neutralité du vital. Sur la folie et son autre tour, l’ouvrage posthume qui ouvre à de nouveaux questionnements et débats.
Dans les rubriques : Varia fait place au Freud des débuts. Un Document, retrouvé de l’année 1991, où l’école lacanienne de psychanalyse préparait un Congrès Freud qui allait se tenir à Strasbourg, laisse apercevoir le style incomparable qu’avait Jean Allouch pour s’adresser à l’école.
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